Calorine

L'histoire d'une fille qui aime cuisiner, acheter des bottes, parler à son banquier et parcourir Paris à vélo (vive la roue libre !) tout en survivant à son chat psychopathe et à son boulot...(comme quoi, l'édition n'est pas forcément réservée aux intellos

10 novembre 2009

Ne pas acheter la peau de l'ours avant de l'avoir vu mort

Je savais qu'il y avait de méchants vendeurs, mais je ne pensais pas un jour tomber dessus.
Eh bien je m'étais trompée.
Figurez-vous que voulant courir deux lapins/acheteurs en même temps, ma vendeuse, malgré l'engagement pris auprès de moi et les papiers envoyés chez le notaire dare dare (à sa demande, dois-je préciser), ma vendeuse, donc, attendait d'autres propositions que la mienne...pour mieux se dérober.
Ayant apprit fortuitement par mon notaire que son notaire réclamait les-dits papiers "parce que sa cliente ne souhaite plus conclure la vente avec vous" (moi, donc), j'ai piqué ma crise. La Vendeuse était désolée, parce qu'en fait "ce n'était pas du tout ce qu'elle voulait" et que "c'est de la faute du notaire" et qu'"elle va me donner une réponse dans les 15 jours" (après avoir accepté ma proposition 3 semaines avant, quand même, précisons...).
Bref, je lui ai dit de garder son appartement.
Je n'aime pas les gens qui ne tiennent pas leur parole. C'est nerveux, ça me donne envie de donner des baffes. Et j'aime encore moins qu'on me prenne pour une c****. Donc j'ai rompu.
Depuis, je visite de nouveau.
J'ai renoncé à la rive gauche pour me jeter à corps perdu sur la rive droite.
Je déteste les Vendeurs au moins autant que les Acheteurs.
J'habite chez ma mère.
Attention, je pense que je vais mordre.

31 octobre 2009

Il faut l'entendre pour le croire

Depuis quelques temps, ma mère, qui va et vient entre son appartement où je squatte et sa maison avec vue sur la mer et le continent de l'île d'Oléron, est à Paris. Elle devait en effet signer avec moi la vente de l'appartement (je n'ose plus dire "mon", parce que ce n'est plus vrai) à Little Johnny (lequel est arrivé avec une fille sublime que même moi j'ai craqué, alors qu'elle était blonde et que la seule femme de ma vie c'est Rachel Weisz)(et Ginette, aussi, Ginette, je t'aime).
Ma mère, donc, collectionne les idées saugrenues bordant la bétise et qui des fois (que dis-je...tout le temps) provoquent ma stupéfaction. Comme nous vivons l'une avec l'autre, je suis confrontée de plus en plus souvent à ces idées étranges qu'elle seule peut avoir (je pense que son cerveau finira un jour dans un bocal avec de l'alcool, histoire d'étudier son fonctionnement).
La dernière en date, venue alors que nous déjeunions après la signature et la remise de l'énorme chèque de Johnny m'a confirmé que ma mère est unique en son genre (et ça, je pense que nous pouvons en remercier la Nature, vraiment).

Moi: Oui, tu sais bien, dans mon budget, j'ai prévu une bonne somme pour racheter un frigo, un four etc et puis des meubles aussi...
Ma mère: Ah oui, parce que tu veux tout neuf.
Moi: Ben...oui ? Pourquoi ?
Ma mère: Tu aurais pu aller chez Emmaüs.
Moi: ....!!!!
Moi: Mais maman, Emmaüs, je vais pas y acheter un frigo ! C'est pour les gens qui en ont vraiment besoin !
Ma mère: Ah mais non, plus maintenant.
Moi: Mais si, je t'assure.
Ma mère: Non non.

Bon, on pourrait continuer comme ça pendant longtemps et comme ma mère est relativement hermétique à tout argument logique, j'ai confirmé que je voulais des choses neuves et que par conséquent, je n'allais pas déposséder les gens qui, eux, n'ont pas eu la chance d'encaisser un chèque à 6 chiffres dans les derniers quinze jours.
Je vous jure, elle est folle.

Posté par La CalOrinE à 10:49 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

27 octobre 2009

Home sweet home

Ce n'est pas que je me sente un petit peu mal à l'aise chez ma mèèèère, mais bon, je commençais un peu à désespérer de trouver un appartement.
Et pourtant, j'en ai vu des appartements. Des qui avait un côté jour (le salon donnant sur la rue, très lumineux) et un côté nuit (la cuisine et la chambre, donnant sur la cour/puit sombre), des avec plein de travaux, des tous neufs mais sans âme, des où j'aurai pas fait ça si j'avais pu, des avec 160 € de charges par mois, des avec un couloir dans lequel on aurait pû faire une deuxième chambre, des avec 1m60 de plafond et, un peu à reculon, celui-ci:

2e étage sur cour, salon orienté sud, chambre à l'est, faibles charges, des travaux mais pas trop, du charme, pas de place perdue et la possibilité d'une graaande cuisine. Surface totale: 40,90 m² loi Carrez.

Plan_avant

Et grâce à l'Entrepreneur, il pourrait bien un jour ressembler à ceci:

Plan_apr_s

Dans le dressing de 6 mètres carrés, on fait une salle de bain et un dressing plus petit...
On a une belle cuisine donnant sur le salon.
Un grand salon et une grande chambre.

Reste maintenant à savoir si le branchement sur la canalisation qui passe près du dressing actuel sera autorisé...si il faut soulever le parquet pour faire passer les tuyaux dans le cas contraire, si ça ne va pas me coûter les deux jambes et si un jour mes amies me pardonneront d'avoir acheté à Alésia, où il est compliqué de venir quand on habite dans le 11e...

Posté par La CalOrinE à 13:22 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

25 octobre 2009

Au poil

Maintenant que j'habite chez ma mère et que mon ordinateur est dans son carton, je ne vous donne plus beaucoup de nouvelles et j'en suis désolée. C'est juste que bloguer au boulot, je sais pas faire, surtout quand il y a du travail (je blogue pas, mais je lis les blogs, faut pas charrier non plus, hein).
Bref.
Je pensais que j'allais vous raconter ma recherche d'appartement (enfin couronnée de succès !) mais il m'est arrivé hier quelque chose de beaucoup plus fou. Donc je vous raconte mon esthéticienne. Croyez-moi, vous gagnez au change. (enfin, si vous êtes de ma famille, ou bien si vous avez un estomac délicat, regardez ailleurs...)

Hier, donc, je me suis rendue chez l'esthéticienne que m'avait recommandée ma petite sœur. J'y suis allée d'une part parce que à Paris les salons sont chers et bondés ("Un rendez-vous pour samedi ? Mais il fallait appeler au début du mois pour l'avoir, madame !") et d'autre part parce que je n'ai jamais le temps de prendre du temps pour ça (on ne le dit jamais assez, mais trop d'activités tue l'emploi du temps).
Et lorsque je suis à Nantes où tout n'est que zenitude et espace sans cartons, sans métro et sans mèèèère, je peux enfin prendre sur le créneau "lire avec un chat sur le ventre" ou "regarder le jardin par la fenêtre" pour aller remplir l'un des devoirs majeurs qui incombe à la femme majeure: la traque aux poils.
Je ne dirai jamais assez combien je trouve cela injuste et nul et je ne reviendrai pas sur les bienfaits du mouvement hippie dans ce domaine, mais sachez-le, ce n'est pas que je n'aime pas le faire, c'est juste que je conchie cette esthétique anti-poils. Je veux dire: ils doivent bien servir à quelque chose, non ? Sinon on n'en aurait plus.
Enfin, bref.
Donc, je vais chez l'esthéticienne, avec pour but de ne plus offir un maillot-forêt aux beaux nageurs de la piscine. J'ai donc demandé les jambes entières et le maillot. Normal, quoi.
Ce que j'ignorai, c'est que cette esthéticienne là, qui excerce donc loin des folies de la capitale, a pour principe de ne laisser AUCUN poil lui échapper. Elle vous arrache les bandes en criant sus à votre pilosité ("Ahah, ils pensaient m'échapper ceux-là ? Eh bien non, la chasse est ouverte !" - sisi, je vous jure). Elle fignole le travail. Ce que je sais apprécier.
Ah mais, par contre, il faut savoir que chez elle, le maillot, c'est pas juste l'idée de dégager vos cuisses pour être "propre" (comme quoi, le poil est sale...tsss) en maillot de bain. Non non.
Pour elle, ça veut dire faire dans le trèèès échancré et surtout, "Parce que je ne comprends pas pourquoi personne ne se soucie d'enlever les poils là, alors que si on veut être impeccable, c'est quand même essentiel !", c'est faire les coins où aucune esthéticienne parisienne n'ira jamais (ou alors c'est 50 € en plus).
Je peux vous dire que me retrouver la patte en l'air, calée sur le mur, "parce que ça tire les muscles et comme ça, quand je fais ce côté là, ça fait moins mal", pendant qu'elle inspectait les recoins que seule ma gynéco voit d'habitude puis s'attaquait avec plaisir (cette femme est folle ou bien c'est une sainte, tout dépend de votre rapport à votre pilosité intime) à une raie que je ne porte pas sur le côté (hum), ben ça m'a fait bizarre. Je ne voulais pas l'arrêter, parce que je voyais bien qu'il en allait de sa conscience professionnelle et qu'en plus elle me racontait comment elle avait expérimenté sur elle-même (!!!!) avant de s'y mettre en cabine et que je trouve qu'il en faut du courage pour s'auto-épiler comme ça, les pattes en l'air devant son miroir. Que voulez-vous, je suis sensible à ce type d'abnégation.
Donc, me voilà avec 3 poils sur le caillou, libérée d'un poid(l) que je ne soupçonnais même pas ("Vous allez voir, vous allez vous levez et vous sentir libre comme jamais !") et d'une raie impeccable, au cas où vous voudriez savoir.

Conclusion de l'histoire: maintenant, j'ai sa carte de fidélité. Ben oui, 36 € pour une intégrale, j'ai beau aimer mes poils, je sais reconnaitre les intérêts de mon budget épilation...parce que ma raie le vaut bien.

(oui, je sais, c'était facile)

Posté par La CalOrinE à 12:03 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

17 octobre 2009

Dernière nuit avant le grand saut

Demain soir, je dormirai chez ma mère. Sur un lit de camp dans le salon, entre deux cartons, avec mon chat.
A partir de ce jour, je serai coupée du monde, car il se trouve que ma mère n'a ni télévision ni internet, autant vous dire qu'il ne restera que la radio et la littérature (ah, la littérature !) pour me sauver de la dépression totale...
En attendant, mes amies et moi nous préparons à déménager mes cartons:

SDC10001

Et je précise que chez moi il y a 3m15 de plafond...

Heureusement, dans ce genre d'occasion, je ne me laisse jamais abattre:

SDC10005  SDC10010

Il faut bien prendre des forces...

Posté par La CalOrinE à 00:03 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

06 octobre 2009

La goutte d'eau

Ooooouh, aujourd'hui, je suis fâchée fâchée.
Genre Tzarko contre Villepain, genre croc de boucher et autres gentillesses.
Car ce soir, j'avais rendez-vous pour visiter un appartement. Cela faisait une bonne semaine que j'attendais de le faire, car mardi dernier, alors que je devais le visiter (déjà), j'avais découvert en appelant la jeune fille qui devait me le présenter que la locataire était en déplacement et qu'elle ne pouvait donc pas me le montrer. J'aurai bien aimé être prévenue et ne pas attendre 15 minutes devant la porte, mais visiblement, elle m'avait laissé un message que je n'avais jamais eu. Soit. La technique, on le sait, des fois ça marche plutôt mal.
Ce soir, donc, avec ma copine Naboo, venue exceuprès du fin fond du 11e pour visiter avec moi, on attendait devant la porte en parlant des retards de livraison d'un célèbre magasin de meubles suédois. A 19h pile, j'appelle la jeune fille, en me disant que bon, on peut toujours avoir du retard, hein.
Mais non.
En fait, elle n'a plus le droit de faire visiter l'appartement, pour lequel l'agence a reçu une offre.
Très bien, lui dis-je, mais dans la vie, quand on fait agent immobilier, on prévient les gens, non ? On ne joue pas la surprise quand quelqu'un se plaint d'être plantée pour la deuxième fois en 7 jours, sans avoir été avertie, surtout quand la personne a appelé dans l'après midi pour être sûre que justement le rendez-vous était toujours d'actualité.
Ah mais le problème, c'est qu'on n'a jamais eu mon message, ni mon appel en absence. Ah. Nous devons donc avoir les deux seuls portables au monde à ne pas pouvoir communiquer entre eux. Trop dommage, j'ai envie de dire.
Et puis aussi elle n'est pas revenue à l'agence avant aujourd'hui à 15h, à cause de graves problèmes personnels et donc voilà. Et alors ? Entre 15h et 19h, c'est trop dur de regarder son planning et de voir si on a des rendez-vous ? Non, je pense que ça doit être au dessus des forces de cette jeune fille.
Parce que figurez-vous que c'est ma faute: j'ai "insisté lourdement pour visiter cet appartement".
Là, j'avoue, j'ai faillit en perdre ma mâchoire.
Je pense que je n'ai pas du vraiment comprendre le principe de l'agent immobilier et le concept de l'achat d'appartement. Je dois être très bête. Je devrais peut être me mettre à la terrasse du Vavin et attendre que l'appartement au dessus de la Fnuc Junior se libère, oui, celui avec les 15 mètres de plafond et la grande terrasse. Je l'aime bien. Je pense qu'il m'attend et qu'il rêve de moi la nuit et un jour, oui, un jour, je l'aurai. Parce que c'est bien connu, c'est comme ça que ça marche l'immobilier, on se met en terrasse et on rêve...
Franchement, venant d'une agence du 6e avec pignon sur rue, on attend un peu plus de professionnalisme et de responsabilité. J'ai donc prévenu que j'allais me plaindre avec vigueur, car oui, c'est bête, j'ai tendance à penser que tenir un agenda à jour, ça peut sauver une journée.
J'irai donc faire mon scandale dans l'agence en question. Je donnerai de la voix et j'expliquerai pourquoi, quand on veut acheter on veut aussi visiter. Je ferai peut être même un cours sur l'idée de planning papier, parce que combien on parie que la greluche, elle note ses rendez-vous sur Hipode et n'est même pas capable de les vérifier ?
En tout cas, une chose est sûre. Je vais arrêter de visiter pour un moment. Et aller casser la vitrine de l'autre conne, juste pour voir combien de vitriers elle va devoir appeler avant d'avoir sa nouvelle vitre.

02 octobre 2009

On fait un métier formidable (terce)

Hier, a débarqué dans notre bureau un de nos plus célèbre auteur. Ben oui, il va devenir Académicien. Avec le costume itou.
Ce monsieur, il faut le préciser, est un vrai méchant qui, quand il vient dans nos bureaux, ne tient même pas à nous regarder dans les yeux parce que c'est connu, les être supérieurs se doivent de rester au dessus de la multitude.
Bref, l'Académicien a débarqué, comme ça, sans prévenir. Il est juste entré, a avisé de loin ma collègue en charge de ses relations avec la presse et l'a informée qu'il avait rendez-vous avez une journaliste de chez La Virgule.
1) ma collègue n'était au courant de rien
2) l'Académicien, à part être à l'Académie, n'a rien publié depuis quelques mois chez nous
3) par contre, chez nos confrères du Pas de la Porte, si.
Elle l'a donc installé dans une salle de réunion et l'air de pas y toucher, sans le regarder frontalement (ce pourrait être considéré comme un affront, pour un Académicien), elle lui a demandé pourquoi il voyait la journaliste.
Réponse: "Pour parler de moi, mon oeuvre..."
Elle: "Et de votre livre chez Le Pas de la Porte ?"
Lui: "Oui oui"

Moralité n°1: quand on est Académicien, on a le droit de débarquer dans n'importe quelle ville et d'attendre qu'on vous sacrifie quelques vierges en offrande.
Moralité n°2: on est bien gentil avec nos auteurs, même les Académiciens
Moralité n°3: vous pensez que si je vais au Pas de la Porte pour travailler lundi, ça va le faire ?
Moralité n°4: les auteurs, pfffffff...

29 septembre 2009

Histoire de payer les impôts...

Little Johnny revient jeter un œil à son achat vendredi.
Il me semble donc opportun de préciser que je monnaye l'entrée de mon appartement 10 euros par tête de pipe. Et que bien entendu, pour cet argent, vous aurez le droit de lécher les murs si vous le voulez (après, j'men fous, ils seront à Johnny).
Si Johnny vient avec Pete, je double le prix, si il vient avec Kirsten, je triple, si il vient avec Matt, je ferme à clé et j'avale celle-ci. Histoire de rester entre nous.
Plus sérieusement, quelqu'un m'a conseillé de cacher une caméra et de faire de la télé-réalité. Je pense qu'il va falloir commencer à y réfléchir sérieusement. Parce que tous les appartements qui me plaisent font 100 000 euros de plus que le budget prévu (eh oui, j'ai des goûts de luxe)(et alors ?). Et que franchement, qu'est-ce que c'est la vie privée de Little Johnny quand on peut offrir à une fille (moi) l'appartement de rêve de sa famille, dans le sixième et pas loin du Luxembourg ?
10 euros, pensez-y.

Posté par La CalOrinE à 23:41 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

28 septembre 2009

Des nouvelles du front

Bon, comme je ne vais pas non plus vous raconter par le menu mes visites et mes efforts pour trouver un nouveau chez-moi, parce que c'est pas forcement le sujet de plus passionnant du moment et que la seule chose drôle la dedans c'est que je demande des devis à l'entrepreneur de ma mère (oui, l'Entrepreneur, Lui, celui-là) ce qui est quand même pas mal désopilant quand on pense qu'elle l'a largué sans jamais lui rendre ses clés et que si je n'avais pas eu besoin de la sienne (à ma mère), elle ne l'aurait sans doute jamais récupéré. Ouh ça fait une très longue phrase.
Bref, ma monomanie du moment étant quand même l'immobilier et la réduction-du-temps-passé-chez-ma-mère, ou RTPM, je suis désolée de ne pouvoir briller d'originalité.
Mais je vous promets, dès que j'aurai un semblant d'appartement en vue, vous serez les premiers à le savoir !
Et c'est tout pour aujourd'hui.

16 septembre 2009

A la recherche de l'Appartement

Maintenant que je suis en instance de départ, après 8 belles années dans ma cave du 6e arrondissement, figurez-vous que mon statut a évolué de Vendeuse en Acheteuse. Logique, hein.
Je suis passée de l'autre côté du miroir.
Je suis devenue une Horrible Acheteuse, une qui veut mégoter sur le moindre bout de parquet non verni, sur la peinture à refaire ou les fenêtres à isoler.
Je visite le nez plissé par un insondable dégoût, je tourne et retourne, j'abats des cloisons, j'imagine un nouvel espace, une autre décoration.
Vous allez dire "c'est le meilleur moment !". On voit que vous ne m'avez jamais vue acheter un manteau. J'hésite, je me tâte, je suppositionne, j'envisage le pire (et le meilleur), je prends peur. Bref, je repose et je vais un peu plus loin.
Et maintenant, je me demande si je vais jamais trouver la perle rare, celle qui me fera vibrer jusqu'au bout des ballerines Monop'.
Parce qu'on en voit des horreurs. Des appartements sans âme, des avec des "puits de lumière" (ah bon ? Parce que moi, je ne la vois pas, la lumière), des tous pourris.
Et puis il y en a qui enthousiasment. Comme celui qui faisait 56 mètres carrés, avec une grande cuisine et du beau parquet, mais qui était en rez-de-chaussée sur une rue très passante. Il était superbe, il sentait bon le sable chaud, mais quid des poubelles à 5h du matin ?
Et puis il y a celui près de l'Observatoire. Il est en hauteur, on voit la Tour Montparnasse de la fenêtre de la chambre, il est à refaire mais il a de beaux restes...il me plait sans trop y croire, parce qu'il est encore tôt et que je n'ai pas vu tous les autres appartements qui pourraient potentiellement être ceux de ma vie.
Comme une fiancée qui a des regrets, j'imagine un appartement qui pourrait être encoooore plus beau, plus grand, plus sexy, sans savoir si il est possible d'en trouver un comme je le rêve (en gros, en face du Luxembourg avec un petit balcon au soleil)(oui, je sais)(mais vous comprenez l'idée).
Mais en même temps, il est grand et il est beau et peut-être, si on ne me rit pas au nez quand je ferai une proposition, peut-être que c'est là que je poserai mes cartons, un jour.
Qui sait ?

Page suivante »